Le Myosotis Occitan

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Tribune au service de la Franc Maçonnerie


Lettre ouverte au Conseil de surveillance de la GL-AMF

Publié le 23 Avril 2015, 09:31am

Lettre ouverte au Conseil de surveillance de la GL-AMF

M. le Président, MM. les membres du Conseil de Surveillance, CCFF,

Nous sommes 7 VVFF de la GL-AMF appartenant à des LL de la région Midi- Pyrénées, réunis pour signer et porter la présente lettre ouverte à l’instance au sein de laquelle vous siégez. L’objet de notre démarche est de vous décrire une situation, et des initiatives, qui menacent notre GL déjà affaiblie par les choix contradictoires et troublée par des dispositions arbitraires et condamnables de la précédente mandature.

Quelques courriers échangés récemment au sein de la GL-AMF et repris dans la presse montrent que la Maison du REAA, sans doute confortée par un rapport de forces qui lui est favorable en termes d'effectif, prétend aujourd’hui déterminer les choix et les orientations de notre GL.

Ceci est l’œuvre, non pas de tous les FF de cette instance mais de quelques FF éminents, lancés dans une dérive messianique, qui se sont emparés d’elle, et qui ont estimé que l’objectif vers lequel ils tendent pour eux-mêmes justifie toutes les manœuvres. Leurs pratiques, que nous avions dénoncées à plusieurs reprises, se sont développées impunément lors de la précédente mandature, et aujourd’hui, ils n’entendent pas passer la main à un autre rite sans continuer à dicter les choix et les orientations de la GL-AMF. Il devient ainsi évident que la pluralité de notre GL, matérialisée par la rotation de GGMM issus de différents rites, n’était de leur part que promesse démagogique. Comme était démagogique la promesse de souveraineté des LL, et aussi la promesse de séparation de l’initiatique et de l’associatif qui sont remis en question en chaque occasion.

Ainsi, ont pu être constatés :


Des intrusions de quelques apparatchiks de la Maison du REAA dans les affaires relevant de la GL, avec la bénédiction d'Alain Juillet qui les a défendues lorsque nous les avons dénoncées (cf. http://le-myosotis-occitan.over-blog.com).

Moins d’un an après la fondation, la Maison du REAA contestait déjà ces dispositions par la voix de son Expert régional Midi-Pyrénées qui déclarait que ce rôle revenait à la Maison du REAA, laquelle refusa obstinément de le désavouer :
 « La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française n’a qu’un représentant au travers de la Maison du R.E.A.A. en la personne de l’Expert du Rite régional et de ses adjoints » (Alain RO., Expert régional MIP, message 16 janvier 2013 aux LL de la région) ;


Les contorsions intellectuelles des dignitaires, notamment celles de l'AGM de la Maison du REAA, Charles Tor., en Juin 2014 à Lyon, nous expliquant que la Liberté individuelle est dans la soumission et que la Souveraineté des LL n'a rien à voir avec ce que nous avions naïvement compris (cf. Transmission n°6, p.7, Juillet 2014, et <http://le-myosotis-occitan.overblog.com/2014/10/liberte-soumission-f-m.html>) ;

La manipulation des textes et la trahison des statuts par le Règlement général (art. 7 et 8.3.3 du RG), qui n'est pas sans rappeller les modifications « insignifiantes » apportées aux statuts de la GLNF, et approuvées en confiance pendant plusieurs années, avant que l’on s’aperçoive, au moment de contester des dérives de la gouvernance, que tout était verrouillé ;


La nomination arbitraire par Alain Juillet du VF Patrick BER. à la Présidence de la Chambre de Justice, alors que nos textes prévoient expressément qu’il soit élu par les membres de cette instance ;


La nomination par ce « Président », soucieux d’assurer les jugements, de juges acquis siégeant sous de faux noms en Chambre de Justice sous l’autorité et avec la caution du VF J-G. Hal. (Pt de Chambre) ;


La création illégitime par la maison du REAA d’une loge en Midi-Pyrénées, à l’insu des autres LL de la région, au mépris de nos textes qui prévoient expressément la consultation des loges du territoire concerné (Règlement général : 8.2.1 §5).

 

Nos rappels au respect de nos textes et des engagements pris (cf. "Promesse d’une Renaissance", Plaquette de la GL-AMF sur le site <http://www.gl-amf.org>) se sont heurtés à un « mode de fonctionnement » invoqué et imposé par Alain Juillet. Un mode de fonctionnement qu’il n’a jamais proposé à l'approbation des FF, ni même défini, mais qu’il nous invitait à accepter ... ou à partir.

Ce mépris des droits et des engagements, et le jeu du rapport de forces, sont maintenant repris par l'AGM de la Maison du REAA, Jean-Claude Per., qui semble décidé à le prolonger. Ainsi, de ses courriers des 11 et 23 mars derniers, dans lesquels :


Il menace la GLAMF du retrait de la Maison du REAA du Conseil de GL, si l'auteur d'un enregistrement pirate d'une réunion de cette Maison ne lui était pas livré. Dans quel monde est-il ?!

Il invoque à son tour le « modèle initial de fonctionnement », avec le même aplomb et sans plus de scrupules qu'Alain Juillet ;


Il prétend rejeter les visites d’autres GGLL, par peur « d’altérer l’authenticité de la pratique du REAA », rejoignant ainsi les intégristes dans la pétrification du vivant ;


Il prétend encore que ce modèle prévoyait la primauté de la démarche spirituelle, ce qui est une pure invention, ces valeurs étant, bien entendu, totalement distinguées dans nos textes. Et si la hiérarchie des textes de la GL-AMF (statuts, art. 26) met ensemble les statuts et constitutions, ce qui est déjà une anomalie, il n’a JAMAIS été question de « primauté du spirituel sur toute autre considération ». Bien au contraire, au cours des réunions préparatoires à la fondation de la GL-AMF, les désordres créés à la GLNF par les confusions cultivées entre les textes civils (statuts) et maçonniques (constitutions) furent pris en considération pour affirmer qu'en cas de différend le dernier mot reviendrait toujours aux textes civils. La "primauté du spirituel sur toute autre considération" n'a par ailleurs aucun sens dans un état de droit. C'est donc par un grossier subterfuge de rédaction que cette "primauté du spirituel sur toute autre considération" a été reprise dans la plaquette GL-AMF ;

Et il flatte hypocritement les VVMM dont il se rappelle opportunément qu'ils sont « chefs de l’ordre », et les LL, « fondement de la F.M. », alors que l’équipe qu’il dirige s’efforce de limiter leur liberté (Charles T., AGM de la maison du REAA, Juin 2014), et la souveraineté des LL qui sont en outre noyautées par des Experts-adjoints dont tout le monde se demande quel est leur rôle aux côtés de l'Expert de la loge.

Les membres de ce « noyau dur » ne sont sans doute pas conscients que toutes les LL travaillant au REAA ne sont pas disposées à entériner les choix qu’ils ont dictés à la GL-AMF, ni les objectifs qu’ils s’étaient fixés pour elles sans les afficher.

Quoiqu’il en soit, ils nous ont trompés. Détournant les mots de leur sens ils ont, en toute conscience, agi au mépris de la confiance qui leur avait été faite, bafouant pour eux-mêmes les règles qu’ils nous imposaient, et piétinant les promesses de l’Alliance, pour nous associer à des objectifs, telle la Reconnaissance, qui n’étaient pas les nôtres ou qui étaient loin de faire l'unanimité.

Ainsi les positions aujourd'hui affichées de quelques hiérarques font-elles apparaître au grand jour que nous n’avons été que le terreau de leurs ambitions personnelles.

Est-ce grave ?

Bien sûr, c’est grave, mais ce n'est pas mortel, puisque la GL-AMF existe, et qu’elle réunit des hommes de bonne volonté qui peuvent faire vivre l’Alliance telle qu’elle a été promise. Les abus de position dominante, auxquels se sont livrés quelques FF qui avaient promis un égal respect des spécificités des rites, nous donnent l’occasion en les dénonçant de repréciser les engagements et de sanctionner les manœuvriers, en les prenant au piège de leurs promesses.

Il suffit pour cela de se reporter à la plaquette de présentation de l’Alliance (cf. <gl- amf.org> identification personnelle> GL-AMF>Publications>Plaquette de la GL-AMF) et aux statuts, et d’exiger que les textes qui en sont issus soient en conformité avec les promesses, et notamment que le Règlement général soit cohérent avec ces statuts.

Dès la fondation de la GL-AMF, le Conseil de Surveillance a été brandi comme la garantie de la transparence et de la démocratie promises. Ce Conseil a certes vu ses attributions limitées dans nos statuts, et c’est sans doute l’une des raisons de la désaffection des candidats, mais il peut quand même exiger de mériter son nom. Il est la voix des LL, et le moment est venu d’exiger de lui, d’exiger de vous, M. le Président, MM. Les Conseillers, mes CCFF, qu’il remplisse son rôle.

Contrairement aux affirmations péremptoires de la Maison du REAA, chaque Conseiller est l’émanation des LL de sa région, et donc porte parole auprès du Conseil :

« Ses membres assurent la représentation régionale de la Grande Loge selon la carte administrative française .../... Dans sa région, le membre du Conseil de Surveillance assure une mission de coordination des affaires civiles de la GL » (Cf. Plaquette de présentation de la GL-AMF > p 7, « Une Organisation équilibrée » > « Le Conseil de Surveillance »). N'en déplaise à la Maison du REAA.

Devant l’impérialisme de ses dirigeants et la menace, formulée par son AGM, d’un retrait de la Maison du REAA du Conseil de GL, nous en appelons à votre instance pour prendre la mesure de ces déclarations et attitudes que nous n’acceptons pas, et pour en saisir le Conseil des Sages afin qu’elles soient qualifiées comme elles le méritent, et pour qu'il y soit mis fin par toute disposition appropriée.

Nous vous prions, M. le Président, MM. les Conseillers, CCFF, de croire en nos sentiments respectueux et fraternels.

Signataires :

JM (REAA), PL (REAA), RM (REAA), JCD (REAA), EG (REAA), ML (REAA), JT (REAA)

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