Le Myosotis Occitan

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Tribune au service de la Franc Maçonnerie


Les francs-maçons auraient-ils peur de la lumière ?

Publié le 30 Avril 2017, 16:44pm

Les francs-maçons auraient-ils peur de la lumière ?

Il n’est pas surprenant qu’une très vieille communauté, réputée pour la confiance et la solidarité qui règnent entre ses membres, et aussi pour le secret qu'elle cultive sur leur appartenance, attire les opportunistes comme un aimant. Elle représente un « marché » qui suscite la convoitise des chasseurs qui y trouvent des proies crédules, sensibles aux marques de fraternité, des troupes, et des réseaux. Pas surprenant donc, logique même, si dans une telle association le pourcentage de prédateurs est plus élevé qu'ailleurs.

Entrer en Franc-maçonnerie n'est pas très difficile, mais cela l’est encore moins pour des opportunistes peu scrupuleux et raisonnablement doués qui savent se prêter sans pudeur excessive au jeu de rôle qui leur permettra d'être acceptés. D’autant plus que les GGLL se toisent par effectifs comparés, et que la pérennité d'une LL étant liée à un effectif minimum, il y aura toujours une loge fragile pour accueillir le postulant qu’une autre aura repoussé.

L’intrus ayant ainsi enrichi son jeu d'une nouvelle carte, il ne lui reste plus alors qu’à garder la posture, ce que lui facilite la phraséologie rituelle. Par la suite, les uns s’ennuieront et se feront rares, d’autres plus déterminés sauront déployer le zèle nécessaire pour exploiter leur nouvelle communauté, voire pour se propulser dans la hiérarchie aux côtés des apparatchiks qui les y ont précédés.

 

C’est pourquoi les FFMM attachés aux idéaux de Fraternité de Tolérance et de Liberté de la F.M. se doivent d’être toujours conscients que la fraternité ne les exonère pas de l’obligation de vigilance. Une obligation sans laquelle la liberté n’est qu’un mot vide.

 

Mais, d’où vient le secret d'appartenance maçonnique ?

S’il existe en F.M. un secret qui relève bien de la tradition maçonnique, c’est celui qui couvre les enseignements et les travaux en loge, directement issu de la tradition opérative des métiers. Rien à voir avec le secret d’appartenance qui couvrait les FF pendant l’occupation nazie.

Alors pourquoi, cette consigne de secret perdure-t-elle aujourd’hui, 70 ans après la disparition du risque qui l’avait un moment justifiée ? Certaines GGLL ne se contentent même pas de reconduire sans réfléchir une vieille habitude devenue sans objet, elles défendent farouchement ce secret jusqu’à l’inscrire dans des serments, au rang des landmarks de la Franc-maçonnerie.

 

Le secret d’appartenance maçonnique favorise l’intrus auquel il évite d’assumer d’éventuelles contradictions entre son engagement maçonnique et son comportement public. S’il s’agit d’un repris de justice il sera bien sûr évincé, mais le grand public ignorera son appartenance que seul son entourage maçonnique immédiat connaît. Et en attendant mieux, il n’hésitera pas à brandir contre ceux qui le dénoncent le secret d'appartenance qui interdit de le citer au-delà du périmètre de l’association. Le souci de contenir les délits éventuels dans un entre soi propice aux arrangements va même au-delà puisque certaines "Grandes loges" interdisent explicitement à leurs membres de saisir la justice de la République contre elles où contre un autre de leurs membres sans en avoir reçu l'autorisation.

 

Indépendamment de ces manipulations du droit, acrobatiques et sectaires, ce secret va aussi et plus simplement à l’encontre du cheminement du FM sincère, qu’il n’incite pas à assumer pleinement et publiquement son appartenance, et donc à afficher la liberté qu’il est supposé avoir trouvée dans l’initiation ;

Enfin, il alimente les fantasmes antimaçonniques des ignorants et autres fascistoïdes en mal de boucs émissaires.

 

Au regard des graves inconvénients qu'il présente, et surtout des idéaux dont la F.M. a tout lieu d’être fière, le maintien du secret d’appartenance ne propose aucune explication, sinon dérisoire et plutôt liée à une préoccupation d'image que de morale. Par exemple il protège les GGLL dont l’image ne risque pas d’être entachée par les crimes éventuels de leurs membres dont l'appartenance n’est pas connue ; par exemple encore l'anonymat rassure les FFMM récents (?) qui n’auraient pas suffisamment intégré leur démarche pour l’assumer pleinement, aussi longtemps qu'ils ne se sont pas encore libérés de leurs aliénations.

Dans les deux cas, le secret sert et couvre une difficulté à assumer une réalité. Pas bon signe !

 

Il n‘y avait donc pas de raison sérieuse de pérenniser en France le secret d’appartenance maçonnique au-delà de la période de l’occupation nazie. Ce secret, qui ne relève pas de la tradition, protège plus de faux-frères que sa disparition ne mettrait de FF en danger. Or il est maintenant plus souvent rappelé que les obligations morales, alors que dans la plupart des grands pays démocratiques les associations maçonniques et leurs membres revendiquent sereinement leur identité au grand jour.

Tout comme le serait une cagoule, ce secret est inconciliable avec les ambitions humanistes et universelles d’une démarche maçonnique assumée qu’il dénature. Sa levée assainirait la F.M. en éloignant des opportunistes qui veulent profiter de l'identité maçonnique sans la servir et autres membres honteux de leur appartenance, et elle cesserait d'alimenter les fantasmes des ignorants.

Enfin, elle est nécessaire pour montrer que les FFMM n'ont pas peur de la lumière.

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