Le Myosotis Occitan

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Tribune au service de la Franc Maçonnerie


Les Marchands de sable

Publié le 31 Août 2017, 09:36am

Les Marchands de sable

Une histoire de la retraite de Russie (empruntée à Georges Adrien, écrivain,1862-1921) permet de comprendre le travail des marchands de sable de la communication institutionnelle.

Elle réjouira les amateurs de parodie.

Et les FF de la GL-AMF pourront s'en inspirer pour décrypter la Lettre du Grand Maître, ou pour commenter les dispositions de la gouvernance en évitant les outils de rétorsion dont elle s’est dotée :

 

« Sans exagération aucune, on peut affirmer que la campagne de 1812 ne fut qu’une suite naturelle de l’entrevue de Tilsitt (traité de paix de -, ndlr). Fut-ce même à proprement parler une campagne ? Nous répondrons hardiment : non. Ce fut une visite amicale faite par Napoléon au tzar, visite faite en grande pompe, avec cet appareil militaire dont le fameux conquérant aimait à s’entourer. L’empereur pensait trouver le tzar à Moscou et, malgré un avis contraire que le général Kutusow vint lui porter à Borodino, il persista à se diriger sur cette ville dans laquelle il fit son entrée le 15 septembre. La population, ne s’attendant point à son arrivée, n’avait fait que des préparatifs sommaires et l’accueil, bien que cordial, manqua d’enthousiasme. Cependant les habitants prirent leur revanche quelques jours plus tard et offrirent à l’armée française des illuminations dont le souvenir n’est pas près de s’éteindre ; la pièce principale du grand feu d’artifice, organisé par le célèbre pyrotechnicien Rostopchin, eut un succès prodigieux ; de bons juges la considèrent comme un modèle du genre. Napoléon, pourtant, un peu froissé de voir que le tzar malgré les avances qu’il lui faisait tardait à le rejoindre – et se doutant bien qu’un jour ou l’autre il le rencontrerait à Paris – prit le parti de revenir en France. Pendant cette marche en retour (qu’on a improprement nommée une retraite), un grand nombre de Français, charmés de l’accueil qui leur était fait par les cosaques, et sensibles à l’attrait qui se dégage des neiges éclatantes de ce merveilleux pays, prirent le parti de rester en Russie. L’empereur, quoique comprenant à merveille le sentiment qui les guidait, ne pouvait les autoriser ouvertement à agir ainsi ; mais, ne voulant nullement s’opposer à ce qu’il considérait au fond comme un acte de haute politique, il prit le parti de quitter l’armée. Auparavant, afin de reconnaître les bons offices des cosaques, il donna l’ordre de leur abandonner, au pied de la colline de Ponari, les bagages et l’artillerie de l’armée ainsi que les caisses du trésor. Ces dons en espèce et en nature ne constituaient qu’une simple avance sur les emprunts que la France devait souscrire plus tard, mais la délicatesse avec laquelle ils étaient présentés en augmentait le prix. Les Russes le sentirent bien et s’arrangèrent de façon à ce que leurs sentiments de reconnaissance ne pussent point être mis en doute. Ils redoublèrent d’attention, jusqu’à la frontière, dans leur escorte des Français auxquels ils faisaient une conduite courtoise depuis Moscou, et à qui ils indiquaient la route à suivre par des simulacres d’attaques dont le Maréchal Ney fut presque le seul à ne pas deviner la véritable signification. Ils leur avait même, vers le 26 novembre, offert une grande fête d‘un caractère tout spécial. Elle eut lieu sur les bords d’une rivière appelée la Bérézina, gelée tout exprès pour la circonstance. C’est là que l’accord fraternel conclu entre les races slave et française fut définitivement conclu. Un rapport du temps, rédigé un peu à la hâte et dans lequel se trouve cette phrase : « La glace est rompue », donna lieu plus tard à des commentaires fantaisistes et contribua même à la création d’une légende absurde qui représentait le passage de la Bérézina comme un désastre terrible essuyé par l’armée française. Cette légende dont le caractère mensonger dénote l’origine allemande, doit s’évanouir dans le flambeau de la vérité historique. »

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