Le Myosotis Occitan

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Tribune au service de la Franc Maçonnerie


Deux candidats à l'élection du Pdt-GM de la GL-AMF

Publié le 12 Octobre 2017, 15:39pm

Deux candidats à l'élection du Pdt-GM de la GL-AMF

Les élections du Pdt-GM et des membres du Conseil de Surveillance sont un événement majeur de la vie de notre GL. L'événement, en cette fin d'année, sera d’autant plus suivi que les 3 premiers Pdt-GM de la GL-AMF ont reproduit à l’identique le système arbitraire de la GLNF, après l’avoir dénoncé avec nombre d’entre nous.

Que nous réservent les candidats ? Une continuité morose entre les mains d'une gouvernance qui roule pour elle-même ? ou bien un espoir enfin de marcher vers la terre promise ?

 

Deux candidats se présentent aux suffrage de nos loges. Ne les connaissant pas, nous avons lu leur profession de foi, en tentant d'en dégager les promesses et les non-dits.

 

Nous avons relevé d’abord un tronc commun dans les professions de foi de nos deux candidats :

Le rayonnement de la GL-AMF, auquel ils entendent se consacrer.

La spiritualité qu’ils revendiquent tous les deux.

Le temps long, dans lequel ils inscrivent leur démarche.

 

Ce tronc commun appelle quelques commentaires :

 

Le rayonnement n’est pas une priorité. L’organisation de relations et d’évènements permet d’exploiter le talent de quelques unes de nos pointures intellectuelles au service de la notoriété de notre GL et de ses GGMM. Mais cela restera une vitrine trompeuse, un faux-jour, si l’image et l’identité de notre GL n’est pas, d’abord, assise sur la qualité et la transparence de son organisation au service des loges, et sur le respect de leur souveraineté. Inspirons-nous plutôt de la loge et de son VM : le vénéralat n'est pas la récompense offerte à un homme méritant pour le mettre en valeur et élargir son audience, mais une charge appelant la plus grande abnégation personnelle qui consistera pour lui à s'oublier pour mieux faire exister les autres, pour les amener à s'exprimer, à se livrer, à se découvrir. Le GM n'est pas là pour briller, il est là pour servir.

 

La spiritualité est dissociée strictement du matérialisme par une partie de la population maçonnique qui entend différencier le spirituel du sociétal, ou l’esprit de la matière, ou encore le « temps long » du temps court, ou l'actualité de l'histoire ; sociétal, matière, et temps court, étant renvoyés à une dimension profane. Dommage, parce que c'est l'actualité qui tisse l'histoire, et dommage parce que notre quête restera théorique aussi longtemps qu’elle sera privée de l’application sur la matière des conceptions de la pensée. Elle restera incapable de déceler les impasses, ou les réelles ouvertures, de son cheminement, et restera inutile, sauf pour ceux dont cette réflexion inappliquée constitue la finalité. Une sorte d’onanisme intellectuel, évidemment stérile, dans lequel se laissent enfermer trop de nos FF.

L’esprit est peut-être « au-dessus » de la matière, mais personne ne peut vraiment dire qu’il ne s’agit pas de deux états différents d’une même essence, interactifs et indissociables. En outre, dissocier la pensée de l’action « prive la pensée de réalité et l’action de sens, les rendant toutes deux insignifiantes » (Hannah Arendt, 1954). Que signifient en effet une fraternité, une tolérance, un humanisme, qui ne seraient que « spirituels » ?!

La spiritualité exonérée des contraintes de la matière, et à bout d'arguments conceptuels, produit des dogmes.

 

L’invocation du seul « temps long » par opposition au « temps court » est révélatrice de la conscience qu’ont les prophètes, de cette insignifiance relevée par Hannah Arendt. Personne, en fait, ne peut dire où se situerait la démarcation entre le temps court et le temps long ! Mais le temps long permet de se réfugier dans une dimension où, n’ayant rien à prouver de notre vivant ni du leur, les prophètes peuvent proposer leur imaginaire en réponse à nos besoins de croire. Et plus les temps sont durs, plus on a faim, et mieux on mord à leur hameçon.

 

 

En dehors de ce tronc commun relevant de la démarche maçonnique et de l’autorité morale de la GL-AMF, sur lequel ils se rejoignent, et des commentaires qu’il peut susciter, il convient aussi d’apprécier l’aptitude, ou non, de nos candidats à prendre sérieusement en considération notre administration civile. Sur ce point nos candidats ne font pas chorus, pourtant il s'agit d'un point capital puisque la GL n’ayant aucune autorité initiatique, elle n’a pas d’autre objet que d'insérer notre activité dans le siècle pour accueillir et organiser, par délégation des loges, la mutualisation de leurs moyens et leur représentation collective. Cette charge est malheureusement captée par une équipe en place d’idéologues et d’opportunistes déterminés qui ne se sont distingués que par la manière doucereuse et calculée de ne pas tenir les promesses de collégialité, de loyauté, et de transparence sur lesquelles la GL-AMF s’est fondée. Solidement installés au sein des principales instances, Bureau national, Conseil des Sages, Chambre de Justice, et plus récemment du Conseil de Surveillance qu’ils ont mis au pas, ils ont, depuis le congrès de 2013, manipulé et corrompu nos statuts et règlements pour les mettre au service de leur propre durée. Au point que nul n’est plus sûr que le Pdt-GM ne soit pas qu’un jouet entre leurs mains. 

 

En conséquence, si l’on s’en tient aux promesses formulées, l’objectif de « reconsidérer la communication, non plus comme un véhicule de subversion mais comme celui d’une libre expression », et la marche « de l’état virtuel à l’état effectif », c’est-à-dire de l’esprit à la matière, paraît aller dans le bon sens. Nous saurons rapidement s'il y a une réelle intention derrière les mots.

 

Pierre Lanjuin, GL-AMF 2677

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